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Editorial du 2éme numéro
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Il importe de rappeler que l’Europe, en particulier, et la communauté internationale, de manière générale, en commettant ce que nous appelons les sept péchés capitaux, sont à l’origine de ce conflit et leur mansuétude à l’égard des excès d’Israël durant un demi siècle (depuis 1947) en a fait un problème inextricable…
Sans entrer dans les détails de ce conflit, il n’est peut-être pas inutile de rappeler certains faits historiques qui sont autant de vérités à ne pas oublier…
1 -La Déclaration de Balfour du 2 novembre 1917, prévoyant un foyer national juif, alors que l’Empire Britannique ne possédait aucun titre pour disposer de ce territoire…
2 -L’insertion d’un paragraphe de cette déclaration (portant sur la nécessité d’un foyer national juif en Palestine…) dans le mandat confié à la Grande-Bretagne sur la Palestine par la SDN a été considéré comme un impair à l’origine de tout le drame palestinien…
3 -L’encouragement de l’émigration juive par la puissance mandataire en vue de changer l’équilibre démographique n’était pas ni anodin ni sans objectifs inavoués.
4 - L’absence de transformation du statut de mandat en statut de territoire sous- tutelle par la puissance mandataire au moment de la création de l’ONU (en 1945) a davantage compliqué la question…
5 - L’admission par l’ONU d’Israël, entité venant d’un territoire qui faisait encore l’objet de contestation entre deux peuples, est une autre maladresse de la communauté internationale.
6 - La Résolution 242 adoptée en 1967 par le Conseil de sécurité de l’ONU au lendemain de la guerre des Six jours considérant les Palestiniens comme de simples réfugiés, en leur déniant la qualité de peuple, constitue un autre déni de justice…
7 - En 2003, le président américain G. Bush junior a fait une déclaration pour le moins préjudiciable au peuple palestinien : « Israël ne peut pas revenir aux frontières de 1967…». Il s’agit en fait, ni plus ni moins, d’une Déclaration Balfour Bis.
Voilà donc en quelques mots l’origine du drame palestinien et les impairs commis par la communauté internationale à l’encontre de ce peuple.
Tout le monde, et l’Europe en premier, doit se convaincre que le conflit palestinien est l’épicentre des conflits dans le monde et que, sans une solution juste et durable, aucune paix n’est envisageable ni dans la région ni dans le monde.
Au-delà de la paix, l’avenir de la Méditerranée et de l’Europe en dépend…
Voilà, entre autres, quelques raisons qui expliquent, le maintien des ces deux thématiques (la question saharienne et méditerranéenne ainsi que le conflit palestinien) comme toile de fond dans le N°2 de notre Revue, et ce, en dépit de la conjoncture dans le monde arabe.
C’est donc pour l’ensemble de ces raisons que l’Europe doit s’investir, d’une manière décisive, dans ces deux dossiers…
Il ne s’agit là nullement d’une action charitable ou magnanime en faveur d’un peuple et d’une région en détresse ; il y va de l’intérêt et de l’avenir même du vieux continent. La paix aujourd’hui dans ladite région, c’est la prospérité et la sécurité de l’Europ de demain dans un monde de plus en plus instable et où la compétition internationale est de plus en plus féroce…

Abdemoughit Benmessaoud Trédano
Directeur de la Revue
10 août 2011